Monday, January 23, 2006

Les enfants d’Adam et Ève se sont-ils mariés entre frères et sœurs?

Dans le groupe msn Catholique Pratiquant quelqu'un répondait à cette question: Les enfants d’Adam et Ève se sont-ils mariés entre frères et sœurs? Voilà ce qu'on nous dit:

Le livre de la Genèse nous apprend que nous descendons tous d’Adam et Ève. C’est même une vérité de foi. Cela implique donc que leurs enfants se sont reproduits entre frères et soeurs... Pourtant, dans le livre du Lévitique, où sont rédigées les prescriptions de la loi juive - d’inspiration divine - on peut lire cette condamnation : « L’homme qui prend pour épouse sa sœur (...) commet une ignominie. Ils seront exterminés sous les yeux des membres de leur peuple. » Lev 20, 17. Alors, comment Dieu aurait-il pu permettre et encourager un acte tellement contraire à ses propres commandements ?

Précisons tout d’abord que Dieu ne se contredît pas : il permet parfois certains « moindres maux » à cause des circonstances, comme par exemple le divorce qui fut autorisé par Moïse, puis condamné par Jésus (Mt 19, 8). Les enfants d’Adam et Ève pouvaient-ils se reproduire avec les avatars du dernier stade de l’évolution avant l’homme ? Non, parce qu’une fois la race humaine créée, il ne pouvait pas y avoir de « retour en arrière » dans l’évolution. La différence entre l’homme et l’animal est ontologique. Dieu ne pouvait pas autoriser une telle union... la nature non plus. Les enfants d’Adam et Ève se sont donc nécessairement reproduits entre eux. Et avec la bénédiction de Dieu, en plus.

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que le tabou religieux de l’inceste entre frère et sœur se justifie pour des raisons biologiques : Le brassage humain permet en effet de suppléer les déficiences génétiques que nous avons tous sur les milliards de gènes qui composent nos chromosomes. Mais ce qui est vrai pour nous, ne l’était pas pour les premières générations d’hommes et de femmes. Nos déficiences génétiques proviennent du fait que nous ne sommes que des « photocopies de photocopies de photocopies... » Alors qu’Adam et Ève étaient les originaux, et leurs enfants, les premières copies. Leur génome était sans défaut, puisqu’ils sortaient tout juste des mains du Créateur. Biologiquement, leur union était donc possible.

Moi, je réponds à cela:

J'aimerais savoir si vous avez une base scientifique pour soutenir ce que vous dites dans le dernier paragraphe. Est-ce biologiquement possible que deux personnes de 46 chromosomes seulement nous aient donné autant de possibilités de gènes sans jamais se mêler à d'autres? Il aurait fallu beaucoup de mutations pour qu'on ait autant de traits différents. Pour Dieu rien n'est impossible. Disons qu'Il a laissé nos gènes faire beaucoup plus de mutations au début. Mais la théorie que nous soyons des photocopies de photocopies... qu'en dit la science? Est-ce votre propre thèse, ou avez-vous lu de quoi de scientifique la dessus? Si oui, j'aimerais bien le lire moi aussi. Personellement j'ai des doutes que les gènes se transmettent comme des photocopies de photocopies, chaque copie étant une copie moins bonne que la précédente. C'est exactement ça que vous impliquez avec cette thèse, que nous sommes des "copies" moins bonnes de nos précédents. Et dans 10 000 ans je suppose que les maladies/malformations génétiques vont être beaucoup plus fréquents... il serait logique de le déduire à partir de ce que vous dites...

Genèse 4:13-16
Caïn dit au Seigneur: "Ma peine est trop lourde à porter. Tu me chasses aujourd'hui du sol cultivable, et je vais devoir me cacher loin de toi; je serait un déraciné, toujours vagabond sur la terre. Quiquonque me trouvera pourra me tuer." Mais le Seigneur lui répondit: "Non car si quelqu'un te tue il faudra sept meurtres pour que tu sois vengé." Le Seigneur mit alors sur Caïn un signe distinctif, pour empêcher qu'il soit tué par quiquonque le rencontrerait. Alors Caïn partit habiter au pays de Nod, loin de la présence, à l'est d'Éden.

Caïn a peur d'autres personnes (lui et le Seigneur parle de QUIquonque) et il ne semble pas s'agir de sa propre famille à ce point-là puisqu'il quitte la terre de ses parents. Il s'en va habiter le PAYS de Nod. Dans les prochaines paragraphes on parle de sa femme et de ses décendants, mais on ne dit pas qu'il est parti AVEC une femme, (quoique tout est possible, on a tendance à ignorer l'existence des épouses dans la Bible à moins qu'elles ne jouent un rôle important.) En tout cas, tout cela porte à croire qu'il existaient déjà d'autres hommes à part Adam, Eve, Caïn et Abel à ce moment, que Caïn est parti vivre parmi eux, et que ces hommes reconnaîtraient un signe de Dieu (ce que ne font pas les animaux d'habitude) quand ils le voyaient.

Moi, j'ai plutôt tendance à croire que puisque le mot "Adam" en Hébreu signifie "homme", il s'agit plutôt de la création de plusieurs hommes, et non seulement d'un seul homme appellé Adam. Et nous sommes tous les descendants de ces premiers hommes et femmes. Ils serait logique après tout que plusieurs créatures en même temps aient évolué assez pour que Dieu puissent enfin leur donner le souffle que les ont rendu humain. Il y a deux histoires de la création dans la genèse si on lit comme il faut, et il n'y a rien dans le premier qui contredit la possiblité que Dieu ait crée plusieurs hommes et femmes à la fois.

Genèse 1:26-27
Dieu dit enfin: "Faisons les êtres humains: qu'ils soient les maîtres des poissons dans la mer, des oiseaux dans le ciel et sur la terre, des gros animaux et des petites bêtes qui se meuvent au ras du sol!" Dieu créa les êtres humains à sa propre ressemblance; il les créa, homme et femme.
Il me semble illogique de croire autre chose, car cela supposerait que Dieu ait fait beaucoup d'exceptions à la règle pour les êtres humains, alors que Dieu semble normalement préférer suivre le processus de la nature qu'Il a lui-même créée.

Mais,... mon père et moi ne voient pas ça de la même façon non plus, et c'est lui le philosphe! Je suis quand même ouverte à la possibilité que je sois dans l'erreur... Je dis tout simplement ce qui me semble logique, et c'est une idée qui est partagée par plusieurs théologiens, dont certains professeurs de la faculté de théologie à l'Université Laval.