Thursday, May 26, 2005

L'Avortement

L'Avortement
Jeanne Chabot
11 juin 2004


Je me disputais avec quelqu'un sur la question de l'avortement. Lui comparait l'embryon à une masse de cellules telle un kyste. Un embryon, selon lui, n'est pas un être humain. On ne devient être humain qu'après trois mois de grossesse. "La cour suprême l'a dit..." Pas pire pareil, cela vient de la même bouche qui se moque des Catholiques qui "suivent le Pape aveuglement".

Et d'où on tire ce chiffre magique? À minuit, le jour où bébé aura trois mois de gestation, pouf! La Fée Bleue lui apparaît telle qu'à Pinocchio et lui donne vie?

Le fait qu'on puisse comparer un embryon, aussi inachevé qu'il soit, à un kyste, me parait incroyable. Ça ne prend pas un cours de biologie pour savoir que dès la conception, un embryon en santé développera inévitablement des bras, des jambes, un ceour, un cerveau... à moins de lui enlever la vie avant qu'il ne puisse le faire bien sûr. Il a déjà tout ce qu'il faut pour déveloper. C'est écrit dans ses genes, dans ses chromozomes qu'il est un être humain. Dévelopé peut-être pas, mais écrit oui! Prenez un embryon et faites une analyse d'ADN. Son ADN vous dira la vérité. C'est un être humain! On ne peut même pas comparer, cette précieuse "masse de céllules" à un spermatozoïde ni à un oeuf car seuls, aucun des deux n'est un être humain, ils n'ont que la possibilité de le devenir. Chacun n'a que la moitié de ce que ça prend pour devenir un être humain. Alors comment peut-on comparer un embryon qui est inévitablement un être humain à un kyste qui n'a même pas la possibilité de devenir un être humain?

C'est effrayant cette idée de comparer un petit être humain à quelque chose qui n'est pas bien mieux qu'une parasite. Mais cela va de paire avec la nouvelle mentalité que les enfants sont un fardeau, un devoir, et non une bénédiction.

Pendant longtemps on s'est entêté à croire que les gens de race noire n'étaient pas des personnes. C'était bien plus payant et convénient d'avoir une espèce d'animal si proche de nous qu'il pouvait faire notre travil, mais à qui on ne devait pas plus de respect qu'à du bétail. En fait, le bétail a eu plus de respect que beaucoup de ces gens-là.

Pendant longtemps on s'est entêté à croire que les femmes n'étaient pas des personnes. On ne voulait pas leur donner le droit de voter ni de travailler. Dans beaucoup de cas, elles étaient (et sont encore) traitées comme des possessions.

Aujourd'hui on s'entête à croire que les embryons ne sont pas des être humains. Nous sommes une société qui évite les conséquences et le devoir comme la peste. On croit que personne ne devrait être obligée de faire quoi que ce soit si ça ne lui tente pas. Si c'est ça qu'on enseigne à nos enfants aujourd'hui, il ne faut pas se demander pourquoi notre société à autant de troubles.